Dior au Musée des Arts Décoratifs

Cela faisait 30 ans qu’il n’y avait pas eu d’exposition Dior à Paris. Le musée des Arts Décoratifs célèbre avec faste les 70 ans de la maison de luxe française, sur près de 3000 m2.

Pas moins de 300 robes de haute couture conçues de 1947 à nos jours, 700 accessoires, 100 œuvres d’art, ainsi que des centaines de documents d’archives inédits (illustrations, croquis, lettres et manuscrits, photographies de reportage) racontent dans une scénographie époustouflante les grandes heures de la Maison Dior.

L’exposition s’ouvre sur un jardin de papier, véritable écrin blanc tapissé de feuillages découpés où est évoqué la passion horticole du couturier, cultivée dans le jardin de la maison familiale de Granville. Hommage est rendu aux parfums iconiques de la Maison, « Miss Dior » le premier, né en 1947, caractérisé par ses flagrances fleuries, et à sa première collection de haute couture, créée la même année et baptisée « Corolle » en raison de ses jupes amples. Christian Dior invente la silhouette de la « Femme-fleur», directement inspirée de l’univers floral et végétal, et libérée de son carcan. Après la guerre, le temps du rêve, Dior impose une féminité triomphante : son New Look. Le fameux tailleur Bar avec sa jupe mi longue et sa veste ultra cintrée, star de sa première collection en 1947, devient l’icône de son style et propulse le couturier sur le devant de la scène mondiale. Christian Dior a tout juste 42 ans, un œil infaillible et un sacré coup de crayon. Pendant dix ans, il va régner sur cette maison de luxe avant de mourir prématurément d’une crise cardiaque.

L’exposition s’enchaîne sur les six directeurs artistiques qui lui ont succédé, perpétuant à leur manière l’esprit Dior. C’est d’abord le tout jeune Yves Saint Laurent qui avec sa collection « Trapèze”, s’impose comme le “petit prince de la mode” avant de choquer avec sa collection “beatnik”, inspirée des bikers avec leurs blousons de cuir. Marc Bohan règne pendant 29 ans à la direction artistique de la maison de couture et se distingue par son Slim Look avec ses silhouettes d’adolescentes menues et ses jupes courtes. Gianfranco Ferré, l’italien, redonne ses lettres de noblesse à la broderie, à l’ornement, aux plumes qu’il déploie avec panache. L’anglais John Galliano, trublion de la mode, apporte un brin de folie et d’excentricité qui décoiffe la maison jusqu’alors assez sage. Retour au calme avec le créateur belge Raf Simons au style plus minimaliste. Avec l’arrivée de l’italienne Maria Grazia Chiuri en 2016, pour la première fois une femme préside à la création chez Dior et apporte sa vision engagée de la féminité.

L’exposition n’oublie pas les petites mains qui s’activent en coulisse. Une salle entière est consacrée aux toiles blanches d’atelier, aux premières ébauches, aux croquis tandis qu’une équipe des ateliers de la maison Dior confectionne en direct la veste Bar emblématique.

Enfin, dans la nef magistrale du musée, la scénographe Nathalie Crinière a imaginé sous 13 mètres de haut, une grande salle de bal, inspirée de la Café Society des années 1940-1950. Sous une lumière bleue scintillante trônent des robes fastueuses, des robes de stars, dont certaines ont été portées par Grace de Monaco ou Lady Diana. Pour Dior, « chaque femme est une princesse »…

Caroline Le Got, Juillet 2017
« Christian Dior, couturier du rêve » – Musée des Arts Décoratifs – Jusqu’ au 7 janvier 2018 – www.dior.com/couture/fr

Crédits photos : Les Arts Décoratifs, Nicholas Alan Cope, William Klein, Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos.
Scénopgraphie : Adrien Dirand

 

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